La complainte des amants
Chuchoté le vendredi à 19:24 - Soupirer

l fait nuit noire. Juste quelques étoiles et la lune ronde et bienveillante à laquelle quelques chats jouent la sérénade. Le sommeil s’est enfuit, laissant mon esprit divaguer jusqu’aux heures tardives qui voient la plupart des êtres endormis.
Je m’en vais dehors. Sur une route pavée d’insouciance, vêtue d’une de ces robes longues à bretelles. Je crois être seule tandis que mes prunelles sont posées quelque part entre réalité et songe éveillé. Là, dans le silence obscur, tes lèvres se mettent à flirter avec ma nuque. Doucement, comme un violoniste caresserait les cordes de son instrument avec son archet, tes doigts frôlent mes épaules pour aller se perdre le long de mon corps déjà frissonnant. Un soupir qui en dit long, et tes mains vagabondes s’en vont chercher ma peau et mes courbes. Ces seins à la peau laiteuse qui te fascinent tant. Tu leur fais l’amour pour enfin t’égarer sous les pans de ma jupe qui ne cache qu’un triangle humide. Tes doigts s’y amusent à composer une partition de caresses, sous lesquelles, tout mon être se tord de plaisir. Déjà, ta langue rejoint ce lieu de perdition tandis que mes mains s’agrippent à toi. Ce toi qu’elles vont dénicher jusqu’à découvrir la moindre parcelle de chair, folles et incohérentes. Ta bouche s’abreuve en mon temple, tandis que je lancine sous sa chaleur jusqu’à laisser s’échapper au milieu de nulle part, parmi la nature et les ténèbres, un gémissement sonore. Mon ventre palpitant réclame déjà son dû, avide. Le sol s’avère trop inconfortable, et un arbre borde cette fameuse route. Contre lui, mes mains se posent, prenant appui tandis que nos corps sont trop accaparés à ne plus faire qu’un, pour que l’on se soucie de savoir si quelqu’un pourrait nous voir. Alors, tu entends mon antre supplier pour que tu le remplisses. Tu me saisis par les hanches, entrant en moi pour mieux me satisfaire. Doucement, pour mieux ressentir le bouillonnement moite qui m’assaille. Mes cuisses s’entrouvrent plus encore pour te voler entièrement. Tu trouve ton chemin jusqu’aux plus profond de mon être, et dans un mouvement saccadé, nous composons un aubade dont nous seuls avons le secret. Il ne saurait en être autrement. Et dans cette litanie mélodieuse, la nature n’entendrait que nos souffles se mêler à des soupirs ainsi qu’à des murmures rougissants et ce, jusqu’à l’apothéose…
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