Fantasmagories

Le seuil - Portrait - Vide grenier - Amis

Chuchoté le lundi à 19:52 - 1 soupir(s) - Lien

Ce blog réunit des textes généralement à caractère érotique. Des échanges sur la toile et non pas que mes écrits par pur plaisir d’une plume à la fois tendre et qui se dénude au gré de l’inspiration... mais pas tout le temps...


Au petit matin.

Chuchoté le vendredi à 19:55 - 0 soupir(s) - Lien

 

Se glisser silencieusement hors du lit, rejoindre la salle de bains sur la pointe des pieds, prendre une douche rapide et s'habiller, les yeux encore rougis de sommeil descendre à la boulangerie qui fait l'angle, acheter des croissants en catimini sous le regard amusé de la boulangère, revenir impatient presque en courant, récupérer les oranges et les presser pressé, préparer le café en pestant contre la cafetière qui traîne, disposer le petit-déjeuner sur la table, s'arrêter un instant pour vérifier que rien ne manque, esquisser un sourire de satisfaction, rejoindre enfin la chambre.

Te regarder dormir, alanguie, la couette impertinente dévoilant un minois heureux, une cuisse repliée cachant à peine une intimité offerte. Rêver un instant de te rejoindre, de parcourir ta peau, de t'entendre te réveiller en gémissant de plaisir, de savoir que tu souris et garde volontairement les yeux fermés, te faisant offrande consentante et reconnaissante sous mes doigts. En avoir mal au bas-ventre, prisonnier d'un jean devenu bride, m'avancer vers toi avec l'envie furieuse de te prendre et ne déposer qu'un baiser amoureux sur tes lèvres.

S'éclipser enfin, en sachant que tu te réveilleras dans quelques minutes, le sourire toujours présent sur tes lèvres, enfilant une de mes chemises avant de te diriger vers la table où tu sais que t'attend ton petit-déjeuner. Etre amoureux.

 

Ecrit par Safran

 

 


Aubade forestière

Chuchoté le vendredi à 19:54 - 1 soupir(s) - Lien

 

Peut-être l'heure de la sieste et des corps alanguis est-elle plus propice à des songes vagabonds où les fées deviennent malicieuses. Les yeux mi-clos je rêve que je m'engage à ta suite dans la garrigue qui couvre la colline reposant derrière la maison. Tu as de l'avance, juste assez pour que je puisse te discerner, évoluant avec insouciance entre les arbres en un mouvement fluide qui tient de la sarabande. Tu me souris et tu te dérobes, tu réapparais un infime instant. Tu as l'air ravie de me provoquer et de m'inviter tout à la fois. Tu sais à quoi je pense et cela t'amuse. Tu as envie de te prêter au jeu, le désir est commun. Qui a parlé le premier de ce fantasme, qui l'a impulsé, qui le dirige à présent ? Cela n'a guère plus d'importance.


Tu disparais à nouveau, plus longtemps cette fois. Tu laisses derrière toi tes vêtements les uns après les autres, comme autant de cailloux blancs balisant le chemin vers des délices insoupçonnés. Il me semble entendre ton rire qui s'égaille là où la sérénade des oiseaux se tait en révérence silencieuse devant tes pas. Et soudain tu es là, au creux d'une minuscule clairière, le sourire aux lèvres, le regard posé tout entier sur moi, le corps tendu en une pause aguichante, te cambrant, les bras relevés posés contre le tronc sur lequel tu t'appuies. Fée magnifique qui a jeté son dévolu sur un simple mortel et lui offre tous les plaisirs dont il rêve pour peu qu'il la comble avec toute l'intensité dont il est capable.

La respiration soulève ta poitrine et ta peau frissonne à peine effleurée. Ton corps tout entier réagit aux caresses de mes paumes et j'ai l'agréable impression de façonner un joyau, de le ciseler avec les outils du désir. Les préliminaires pourtant ne sont plus d'actualité...deux jours sans l'avoir fait malgré la proximité des corps et les rêves partagés. Un gémissement d'impatience tandis que tu te mordilles les lèvres me le fait comprendre. Assez parlé, assez courtisé. Assez de tendresse et de douceur...place au violent vertige des sens, à la fusion haletante, aux corps qui se livrent, aux cris qui s'échappent. Déjà je t'ai rejointe dans la nudité et tes jambes cherchent ma taille. Lèvres qui embrassent et mordillent, mains qui caressent et pétrissent, antre qui se fait tantôt pleine tantôt vide au rythme des saccades effrénés. Nos corps ne nous appartiennent plus, ils ont leur vies propres et leurs mouvements s'engagent sans limites, nos âmes sont ivres l'une de l'autre, nos coeurs s'emballent et demandent à mourir. Et tandis que tu te livres entièrement, que tu me laisses accéder à ton moi le plus profond, que tu me permets de faire de toi ce que je veux...je sais que je t'appartiens et que la fée a capturé le rêveur dans son propre songe. J'exulte en toi, tu cries et tu m'embrasses. J'ai tout juste assez de force pour te déposer à terre en soufflant, m'étendant à tes côtés.

Plus tard peut-être nous irons chercher nos vêtements. A moins que la fée, comblée mais impatiente, n'attende que son rêveur reprenne des forces pour recommencer...

 

Ecrit par Safran

 

 


La complainte des amants

Chuchoté le vendredi à 19:24 - 0 soupir(s) - Lien

 

I

l fait nuit noire. Juste quelques étoiles et la lune ronde et bienveillante à laquelle quelques chats jouent la sérénade. Le sommeil s’est enfuit, laissant mon esprit divaguer jusqu’aux heures tardives qui voient la plupart des êtres endormis.

Je m’en vais dehors. Sur une route pavée d’insouciance, vêtue d’une de ces robes longues à bretelles. Je crois être seule tandis que mes prunelles sont posées quelque part entre réalité et songe éveillé. Là, dans le silence obscur, tes lèvres se mettent à flirter avec ma nuque. Doucement, comme un violoniste caresserait les cordes de son instrument avec son archet, tes doigts frôlent mes épaules pour aller se perdre le long de mon corps déjà frissonnant. Un soupir qui en dit long, et tes mains vagabondes s’en vont chercher ma peau et mes courbes. Ces seins à la peau laiteuse qui te fascinent tant. Tu leur fais l’amour pour enfin t’égarer sous les pans de ma jupe qui ne cache qu’un triangle humide. Tes doigts s’y amusent à composer une partition de caresses, sous lesquelles, tout mon être se tord de plaisir. Déjà, ta langue rejoint ce lieu de perdition tandis que mes mains s’agrippent à toi. Ce toi qu’elles vont dénicher jusqu’à découvrir la moindre parcelle de chair, folles et incohérentes. Ta bouche s’abreuve en mon temple, tandis que je lancine sous sa chaleur jusqu’à laisser s’échapper au milieu de nulle part, parmi la nature et les ténèbres, un gémissement sonore. Mon ventre palpitant réclame déjà son dû, avide. Le sol s’avère trop inconfortable, et un arbre borde cette fameuse route. Contre lui, mes mains se posent, prenant appui tandis que nos corps sont trop accaparés à ne plus faire qu’un, pour que l’on se soucie de savoir si quelqu’un pourrait nous voir. Alors, tu entends mon antre supplier pour que tu le remplisses. Tu me saisis par les hanches, entrant en moi pour mieux me satisfaire. Doucement, pour mieux ressentir le bouillonnement moite qui m’assaille. Mes cuisses s’entrouvrent plus encore pour te voler entièrement. Tu trouve ton chemin jusqu’aux plus profond de mon être, et dans un mouvement saccadé, nous composons un aubade dont nous seuls avons le secret. Il ne saurait en être autrement. Et dans cette litanie mélodieuse, la nature n’entendrait que nos souffles se mêler à des soupirs ainsi qu’à des murmures rougissants et ce, jusqu’à l’apothéose…